Molle rive dont le dessin…
Molle rive dont le dessin
Est d'un bras qui se plie,
Colline de brume embellie
Comme se voile un sein,
Filaos au chantant ramage -
Que je meure et, demain,
Vous ne serez plus, si ma main
N'a fixé votre image.
Nocturne / Paul-Jean Toulet
Nocturne
Ô mer, toi que je sens frémir
A travers la nuit creuse,
Comme le sein d'une amoureuse
Qui ne peut pas dormir ;
Le vent lourd frappe la falaise...
Quoi ! si le chant moqueur
D'une sirène est dans mon coeur -
Ô coeur, divin malaise.
Quoi, plus de larmes, ni d'avoir
Personne qui vous plaigne...
Tout bas, comme d'un flanc qui saigne,
Il s'est mis à pleuvoir.
Paul-Jean Toulet
Le Festin des Dieux de Bernaert di Rijckere
Nicolas Poussin, L'hiver
Soit que son or se crêpe lentement/ Pierre de Ronsard
"Etude pour des Baigneuses aux nuages" Fresque décorative 2011 Crayon sur papier
Soit que son or se crêpe lentement
Ou soit qu'il vague en deux glissantes ondes,
Qui çà, qui là par le sein vagabondes,
Et sur le col, nagent folâtrement ;
Ou soit qu'un noeud illustré richement
De maints rubis et maintes perles rondes,
Serre les flots de ses deux tresses blondes,
Mon coeur se plaît en son contentement.
Quel plaisir est-ce, ainçois quelle merveille,
Quand ses cheveux, troussés dessus l'oreille,
D'une Vénus imitent la façon ?
Quand d'un bonnet son chef elle adonise,
Et qu'on ne sait s'elle est fille ou garçon,
Tant sa beauté en tous deux se déguise ?
Pierre de RONSARD (1524-1585)









